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Bataillon des sapeurs-pompiers de la ville de Fribourg

Historique des C.R.

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Les C.R. du canton de Fribourg

1) Historique

En 1965, l’ECAB dotait les communes de Fribourg, Morat, Bulle, Estavayer-le-Lac, Romont et Châtel-St-Denis d’un équipement lourd (camion tonne-pompe Magirus, camion poudre Chevrolet 750 kg ou remorque poudre 250 kg) dans l’optique de la création de Centres de renfort dont la base légale repose dans le Règlement du Conseil d’État du 29 décembre 1967. Le 1er janvier 1984, le cercle des CR s’est agrandi avec l’apport du Corps des sapeurs-pompiers de Guin qui a repris depuis la même date, le rayon d’intervention de la Singine, desservi jusqu’alors par le CR de Fribourg.

Dans l’esprit des initiateurs de la constitution des CR, il s’agissait de disposer, régionalement, de moyens lourds aptes à intervenir immédiatement lors de sinistres importants dépassant les possibilités d’action et les moyens du corps local. On voit que la notion de la régionalisation était déjà d’actualité dans les milieux sapeurs-pompiers il y a plus de trente ans !

En octobre 1983, les vénérables Magirus 64 « rentraient dans le rang », cédant la place aux tonne-pompe dont la puissance de 260 CV et surtout la variété des équipements et du matériel sont hautement appréciés des hommes du Centre de renfort.


En Novembre 2005, les Magirus 1983 font place aux actuel TP.

En mai 1988, année du 175e anniversaire de la fondation de l’ECAB, les CR du canton recevaient les nouveaux camions PLW (abréviation de Poudre et Light-Water) qui remplaçaient les camions poudre 750 kg et les remorques 250 kg. Ces camions Mercedes 280 CV sont équipés d’un dispositif d’extinction comprenant une citerne mousse de 500 l et deux citernes poudre tri-ex de 300 kg chacune. L’élément d’extinction est complété par un matériel très complet de désincarcération et de pénétration : cisailles, écarteurs, vérins, disqueuse, set de lances thermiques.

Une progression technologique fulgurante, liée à une civilisation de consommation dont on a souvent peine à maîtriser les débordements, pour ne pas parler d’excès, ont entraîné des besoins nouveaux, des exigences plus importantes. Partant, des risques nouveaux sont apparus. Sans commune mesure avec les incendies du siècle passé, les sinistres dits « écologiques » ont fait prendre conscience aux autorités de notre fragilité face à certains événements comme les pollutions chimiques ou par hydrocarbures.

Conscient de cette situation nouvelle, le Conseil d’État, par Arrêté du 15 décembre 1987, a institué sur le territoire cantonal une organisation de défense contre les pollutions de toutes natures : hydrocarbures, chimiques ou radioactives. Cet acte officiel s’accompagnait, en novembre 1990, de la remise de trois camions Mercedes 200 CV pour les CR de Bulle, Fribourg et Murten, avec 3 tentes à buts multiples et tous leurs accessoires, et de quatre remorques pour les CR de Châtel-St-Denis, Düdingen, Estavayer-le-Lac et Romont.

Par la même occasion, une nouvelle répartition a été faite dans les rayons d’intervention des CR dont trois ont été désignés comme Centres d’intervention chimique :

  • Bulle Sud du canton : districts de la Gruyère et de la Veveyse
  • Fribourg Centre du canton : districts de la Glâne, de la Sarine et de la Singine
  • Murten Nord du canton : district du Lac et de la Broye

Pour sa part, le CR de Fribourg intervient en outre comme Centre de radioprotection (mesures de la radioactivité) sur l’ensemble du canton. A cet effet, son personnel suit une instruction particulière dont la base repose sur les cours dispensés par l’Institut de radio-physique appliquée de l’EPFL de Lausanne.

Selon le concept d’intervention établi à cette occasion, l’uniformité des moyens acquis pour l’ensemble des Centres de renfort doit permettre l’entraide réciproque, même dans des situations particulièrement délicates.

Qu’en est-il aujourd’hui, plus de trente ans après la mise sur pied des Centres de renfort ? Un premier constat permet d’affirmer que l’objectif demeure identique, même si l’évolution dans le domaine des constructions, la multiplication des voies de communication et le transport des marchandises dangereuses par rail ou route ont imposé des responsabilités nouvelles aux Centres de renfort du canton.

2) Qu’attend-on du Centre de renfort ?

Contrairement à une opinion encore trop répandue – aussi bien parmi certains corps locaux de sapeurs-pompiers que chez certains membres des CR – le rôle du Centre de renfort n’est pas de se substituer à l’organisation locale des sapeurs-pompiers lors d’un sinistre, mais bien au contraire de collaborer avec lui pour écarter un danger particulier pour les gens, les animaux, l’environnement et les biens matériels.

Le Commandant du corps local doit savoir qu’il peut disposer d’un important potentiel de véhicules, matériel et équipements spéciaux: équipement pour transport d’eau

  • dispositif pour production de mousses à multi-foisonnement
  • protection de la respiration
  • turboventilateur et éclairage fixe ou mobile
  • aérateur de fourrages
  • échelles automobiles ou remorquables
  • véhicules ou remorques pour interventions hydrocarbures ou chimiques

Cette connaissance des moyens lui permet de planifier l’intervention en fonction de l’engagement du CR : planton sur la route, barrages de circulation, emplacement du tonne-pompe, prise d’eau, mission, etc. L’établissement de plans d’intervention pour objectifs dangereux et nécessitant l’apport de moyens supplémentaires rendra également de précieux services au Cdt du corps local.

C’est donc surtout une aide en équipement et matériel qui est apportée au corps local qui en fait la demande. Cette aide matérielle se double évidemment d’une aide humaine en ce sens que le personnel du CR est particulièrement entraîné à la desservance des engins et du matériel dont il est doté. L’expérience aidant, ce sont donc des hommes aguerris qui vont apporter leur aide.

Cette aide ne doit pas inciter le Cdt du corps local à ne pas alarmer ses hommes ou les licencier prématurément comme certains exemples l’ont démontré, sous prétexte que le CR est là et que les frais inhérents à son intervention ne sont pas à la charge de la commune. Cette pratique est non seulement contraire au but des CR, mais encore dangereuse, dans la mesure où l’intervention du CR ne peut être aussi rapide que celle du Corps local : le décalage de l’alarme, le remplacement du groupe de piquet qui doit partir à l’extérieur, la durée du déplacement, etc., sont autant de facteurs et de contraintes auxquelles le CR n’échappe pas et que le Cdt du corps local doit connaître.

3) L’instruction du CR

Le CR est évidemment astreint, comme tous les autres corps, à des exercices ayant pour but l’instruction des hommes et la desservance des véhicules et agrégats. Il faut sans cesse viser au perfectionnement dans l’optique d’un résultat maximum lors d’une intervention.

Les risques courants – incendies surtout – qui peuvent entraîner une intervention du CR sont traités dans la formation de base du sapeur-pompier :

l sauver sauvetage, échelles, premiers secours, protection respiratoire

l tenir tactique du feu, travail du PL, moyens d’extinction

l éteindre limiter les dégâts, protéger, assainir

Une instruction particulière doit également être donnée pour l’utilisation judicieuse des moyens lourds ou spéciaux mis à la disposition des CR, comme : aérateur pour la surfermentation des fourrages turboventilateur tente à buts multiples pompe à fût pour hydrocarbures matériel hydraulique de désincarcération équipements pour interventions hydrocarbures ou chimiques

Les incendies ou événements graves, tels les feux de combustibles liquides (station-service, garage, camion-citerne, etc.), accidents avec produits dangereux, accidents de la route avec feu, par exemple, exigent des techniques d’intervention qui diffèrent des méthodes conventionnelles appliquées dans un feu de bâtiment. Les off, sof et sap des CR s’y entraînent et apprennent à maîtriser les situations qui découlent de cette catégorie d’interventions.

Faut-il dès lors considérer que dans ce type d’engagements les corps locaux ne peuvent rien faire ? Bien au contraire ! De la première action de quelques-uns dépendra certainement la réussite de l’intervention pour tous. Du barrage routier aux entrées de la localité à l’alarme à transmettre au CR avec le plus de précision possible en passant par la mise en place d’un réseau d’alimentation d’eau pour la MP ou le TP ou l’évacuation de bâtiments menacés, leur engagement permettra au CR de concentrer ses efforts sur le sinistre lui-même.

4) Qu’attend le CR du corps local ?

Le succès ou l’échec d’une intervention combinée entre le corps local et le CR dépendra pour une grande part du degré de confiance et de motivation des partenaires engagés.

Au départ, le corps local, ses hommes et ses moyens sont seuls. C’est à la fois un avantage et un inconvénient. Un avantage, car de la rapidité de leur première action dépendra la suite des événements. La mise en action immédiate d’un extincteur, peut-être, ou une première conduite judicieusement placée aussi ! Un inconvénient, par manque de moyens matériels dans certains types d’interventions pour lesquels il faut alors patienter jusqu’à l’arrivée du CR. Il n’en reste pas moins vrai que la carte de la collaboration doit être jouée d’entrée et sans restriction.

Avec la mise en service, sur le plan cantonal, du système de mobilisation téléphonique SMT 750, le CR est alarmé automatiquement lors de chaque incendie ou événement grave mettant en cause des hydrocarbures ou des produits chimiques, ou lors d’accidents de circulation avec désincarcération, notamment.

La suite, c’est l’application pratique du rythme de conduite. Celle-ci dépend alors du Cdt local ou de l’officier fonctionnant comme chef d’intervention: Des mesures d’urgence s’imposent-elles ? Si oui, lesquelles ?

  • circulation, évacuation, bouclage de sécurité.
  • moyens spéciaux (échelle auto, éclairage, désincarcération, etc.).
  • alarme du Centre de renfort chimique ou hydrocarbures (accident ou incendie en présence de produits dangereux, par exemple).

La reconnaissance démontre-t-elle que l’engagement du CR est opportune dans le cas présent ? si non, un simple appel au CEA (Police cantonale) suffit à stopper un déplacement superflu en regard de la situation; Si oui, les points suivants devraient être considérés comme une check-list par le corps local à l’intention du CR qui va arriver.

Le rythme de conduite

Cheminement des véhicules du CR :

– 1 homme se tient au bord de la route et monte sur le premier véhicule du CR, il indique au chauffeur la route à suivre.

Lieu du sinistre

– Les abords immédiats sont-ils accessibles pour les véhicules du CR ? (conditions atmosphériques, été-hiver, obstacles, etc.).

Qui est le chef de l’intervention ?

– Le Cdt ou un of ne sont pas nécessairement présents.

Où se trouve le PC ?

– En tenir compte avec la mise en place des véhicules du CR.

Orientation par le chef d’intervention

Situation

– En relation avec les moyens que le CR peut engager.

Prise(s) d’eau

Protection respiratoire

Moyens spéciaux supplémentaires

– Échelle auto ou remorquable, éclairage mobile, etc.

Risques spéciaux

Ces points étant respectés, le maximum d’éléments sont réunis pour que l’engagement se déroule dans les meilleures conditions possibles : mise en commun de personnel, de moyens, de connaissances réciproques, poursuite du même but, collaboration dans l’esprit du principe.

SAUVER

TENIR, PROTÉGER

ÉTEINDRE

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